Ce vendredi soir en match avancé de la 33e et avant-dernière journée de Ligue 1, le RC Lens a validé son retour en Ligue des Champions en battant le FC Nantes (1-0). Mais plus que le score, c’est la manière, le symbole et le scénario qui resteront gravés dans la mémoire Sang et Or. Car c’est un adolescent de 16 ans, Mezian Mesloub, inconnu du grand public quelques minutes plus tôt, qui a envoyé tout un stade dans les étoiles de la Ligue des Champions, en marquant, seulement quelques secondes après son entrée, le but de la victoire et de la qualification directe pour la plus prestigieuse coupe européenne.
Dans les grands rendez-vous, Bollaert ne tremble pas. Il pousse. Il aspire. Il porte. Face à des Nantais venus jouer leur survie, les Lensois ont d’abord livré une prestation tendue, presque retenue. L’enjeu paralysait les jambes, crispait les transmissions, ralentissait le jeu. On sentait que ce match ne se gagnerait pas sur le talent pur, mais sur un détail, une étincelle, un moment.

Ce moment, Bollaert l’a presque appelé de ses chants. Au retour des vestiaires, la rencontre s’est décantée. Lens a haussé le ton, accéléré, insisté. Deux buts refusés, une pression de plus en plus étouffante, un public qui sentait que ça allait finir par craquer. Puis il y a eu cette action nantaise, ce poteau, ce frisson qui a parcouru les travées. Comme si le destin hésitait encore sur le camp à choisir. Et puis, à la 79e minute, tout a basculé. Abdallah Sima sort et un jeune entre, le numéro 41 dans le dos sans même son nom au dessus. Peu de spectateurs connaissent son nom et son visage, mais quelques secondes plus tard, tout le monde connaît son nom. Deux touches de balle, un tir croisé et un but et c’est tout un stade qui explose. Pour sa toute première apparition en Ligue 1, à seulement 16 ans et sans contrat pro encore en poche, Mezian Mesloub offre à Lens le but qui l’envoie en Ligue des Champions. Le genre de scénario qu’on n’écrit même pas dans les films, mais que Bollaert est capable de produire dans la vraie vie.

Ce succès des Sang et Or, bien difficile à venir face à une valeureuse équipe de Nantes qui file logiquement en Ligue 2 après une saison ratée, n’est pas seulement une qualification européenne. C’est la démonstration de ce qu’est devenu le RC Lens car il y a un an, peu imaginaient Lens à ce niveau, jouant le podium et même le titre au grand PSG que le club artésien va recevoir ce mercredi 13 mai en match en retard, disons surtout en match de gala pour le dernier rendez-vous de la saison à Bollaert-Delelis avant celui du stade de France le 22 mai pour la finale de la Coupe de France, autre temps fort de ce mois de mai lensois.
Photos Laurent SANSON









