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Tour des Flandres 2026 : Pogacar a « éparpillé façon puzzle » la concurrence

Il y a des victoires et il y a celles qui laissent une impression durable, presque cinématographique. Ce Tour des Flandres 2026 appartient clairement à la seconde catégorie. Parce que ce qu’a réalisé Tadej Pogacar sur les routes flamandes relève moins du succès que de la démonstration d’autorité. Une démonstration où les adversaires ne sont pas battus, mais sont « éparpillés façon puzzle ».

Sous un ciel hésitant, entre bourrasques, grains violents et éclaircies soudaines, le champion du monde a livré une partition d’une froideur clinique. La course n’a jamais semblé lui échapper. Très tôt, UAE Team Emirates XRG a verrouillé le scénario. L’échappée, pourtant fournie, n’a été qu’un décor de fond. Le vrai film se jouait derrière, dans le peloton, où l’allure imposée a commencé à user les organismes à plus de 100 kilomètres de l’arrivée. Dans le Molenberg, l’équipe émiratie a fait sauter la banque. Une quinzaine de coureurs seulement ont survécu à la première grande sélection.

Le Ronde ne se gagne pas toujours dans les 20 derniers kilomètres. Celui-ci s’est joué bien avant. Au deuxième passage du Vieux Quaremont, à 57 km du but, Pogacar a ouvert les hostilités. Wout van Aert a sauté dans sa roue. Puis Mathieu van der Poel et Remco Evenepoel ont fait la jonction. Quatre noms, quatre têtes d’affiche, un casting royal. Van Aert a cédé en premier. Evenepoel a tenté de répondre par l’orgueil dans le Paterberg, avant de se dissoudre sous le tempo du Slovène. Restait Van der Poel, dernier survivant face à Pogacar qui a choisi son grand écran, le Vieux Quaremont, encore. Une accélération sèche. Un regard rapide derrière. Et la sensation immédiate que le sort était scellé. Van der Poel a plié. Pas explosé, pas décroché brutalement. Simplement battu par plus fort que lui. Battu par un coureur qui semblait évoluer un cran au-dessus de tout le monde. L’écart à l’arrivée de 34 secondes ne dit pas tout. Ce qui frappe, c’est l’impression visuelle. Pogacar n’a jamais été en difficulté. Jamais dans le rouge. Jamais en réaction. Toujours en maîtrise. Rendez-vous désormais sur les pavés de Roubaix dans une semaine pour un nouvel épisode. Vivement dimanche comme dit Michel Drucker !

Photos Pierre WILLEMETZ

Classement firstcycling.com

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