Il y avait du soleil et un monde de dingue sur les pavés, le bord des routes, et une promesse d’histoire au départ. Paris-Roubaix 2026 a offert un scénario d’exception et exceptionnel, conclu par la victoire la plus symbolique de la carrière de Wout van Aert sur le vélodrome de Roubaix.

Au départ, trois noms aimantaient tous les regards. Le champion du monde Tadej Pogacar, en quête du seul Monument manquant à sa fabuleuse collection. Le triple lauréat Mathieu van der Poel, qui visait un quatrième pavé. Et derrière ce duo, Wout van Aert, lassé d’être l’homme malchanceux des grandes heures de Roubaix. Mais très vite, la course a rappelé sa loi car ici personne n’est épargné, du champion au coureur inconnu du grand public. À 184 kilomètres de l’arrivée, Pogacar doit s’arrêter pour un souci mécanique. Il repart, revient, sans panique, mais le ton est donné. Dans les premiers secteurs, Van Aert, Pedersen et Abrahamsen connaissent eux aussi des ennuis. Roubaix trie, secoue, élimine. Puis vient le moment que tout le monde redoute.
Arenberg, le juge de paix
Dans la mythique Trouée d’Arenberg, la course bascule. Van der Poel y perd gros avec une crevaison, un changement de vélo qui prend du temps et une poursuite interminable. Le Néerlandais se lance dans un raid de près de 50 kilomètres pour revenir. Un effort colossal, mais qui ne lui permettra jamais de revoir la tête de course malgré une écart de plus en plus réduit. Devant, deux hommes ont résisté au chaos. Pogacar et Van Aert. Leur avance dépasse les trente secondes. À 25 kilomètres de Roubaix, le scénario semble limpide et la victoire se jouera entre eux. Le Slovène accélère, relance, teste. Le Belge ne lâche rien et attend son heure et ils entrent alors côte à côte sur le vélodrome André Pétrieux de Roubaix. Plus puissant et plus frais, le Belge déborde le champion du monde et lève les bras. Après les crevaisons cruelles des années passées, après les places d’honneur, Wout van Aert tient enfin son pavé. Après Milan-San Remo 2020, le Belge remporte son second monument. Tadej Pogacar, lui, devra patienter pour rejoindre le cercle mythique de Rik Van Looy, Roger De Vlaeminck et Eddy Merckx, seuls vainqueurs des cinq Monuments. Van der Poel, héroïque dans la chasse, échoue au pied du podium. Premier français, Christophe Laporte termine à une belle 5ème place et se console avec la victoire de son équipier Van Aert. Autre tricolore, Anthony Turgis (TotalEnergies) rentre dans le Top 15 avec la 14e place.
Photos Laurent SANSON








