Le Play In Challenger 2026 n’est pas seulement le théâtre d’une performance statistique. Avec sa victoire en deux sets face au Croate Matej Dodig, Moise Kouame est devenu le premier joueur né en 2009 à remporter un match sur le circuit Challenger. Mais derrière la précocité du jeune francilien, il y a un projet, une structure et un accompagnement minutieux car la pépite française n’avance pas seule.

À bientôt 17 ans le 6 mars prochain, Moïse Kouamé est un talent sous haute protection et cette semaine il fait le bonheur du public nordiste du Play In Challenge. Une véritable aubaine pour le tournoi ATP Challenger 125 Lillois qui gagne encore en notoriété et visibilité avec la présence de ce que le milieu du tennis voit comme une future grande star de la discipline. La Fédération Française de Tennis l’a bien compris. Kouamé est couvé, accompagné, protégé. Son calendrier est pensé. Son exposition médiatique maîtrisée. Son développement progressif avec un objectif : éviter l’emballement autour du jeune homme. Le tennis français a déjà connu l’histoire d’un prodige propulsé très tôt sous les projecteurs. Cette fois, l’encadrement veut conjuguer ambition et patience.
Richard Gasquet, le miroir de l’expérience
À ses côtés pour un accompagnement sur mesure, un conseiller pas comme les autres qui n’est autre que Richard Gasquet. Difficile d’imaginer meilleur guide. Gasquet sait ce que signifie éclore prématurément sur le circuit professionnel. À 15 ans, il battait déjà un Top 100. À 16 ans, il était présenté comme l’avenir du tennis mondial. L’emballement, la pression, les attentes démesurées, Gasquet a tout connu. Sa présence parfaitement assumée auprès de Kouamé n’est pas anodine. Elle apporte un recul précieux. Une lecture fine des pièges à éviter. Comment gérer la notoriété soudaine. Comment absorber une défaite sans douter. Comment progresser sans brûler d’étapes. Gasquet incarne la longévité. La résilience. Et une forme de sagesse que seul le temps offre.

Le Play In Challenger de Lille comme révélateur
Sur le court nordiste, Moïse Kouamé a affiché une maturité impressionnante face au Croate Dodig lors de sa victoire au premier tour. Gestion des temps faibles, qualité de service, intensité constante. Rien ne laissait deviner qu’il découvrait à peine ce niveau d’exigence. Mais le plus dur commence maintenant. Au deuxième tour ce jeudi en début de soirée, il va affronter Joel Schwaerzler, le jeune Autrichien tombeur de David Goffin au 1er tour, lui aussi perçu comme un futur espoir du tennis. Un duel entre deux représentants d’une nouvelle vague ambitieuse et décomplexée. Que la génération 2009 se rassure, avec Moïse Kouamé, elle a sans attendre son ambassadeur en attendant, un jour, d’être on lui souhaite, la grande star que le tennis français attend depuis quelques années.
Photos Laurent SANSON










