Le symbole était fort, mais l’histoire, elle, a tourné court. Engagé au Play In Challenger 2026 pour poursuivre sa reconstruction, le Belge, ex-Top 10 mondial, David Goffin, a quitté Lille dans la nuit froide de l’hiver dès le premier tour, battu en trois sets par le jeune Autrichien Joel Schwaerzler.
Victorieux de la première manche, le Liégeois a ensuite cédé du terrain, puis du souffle. Et enfin le match. Une défaite qui en dit long. Pendant un set, on a revu le Goffin des grands jours. Prise de balle précoce, variation, lecture parfaite des trajectoires. Le timing était là. Le corps aussi. Face à un joueur de 20 ans classé au-delà de la 200e place mondiale, l’ancien membre du Top 10 a imposé son expérience. Dans les tribunes, on voulait y croire. Lui aussi, sans doute. Mais à 35 ans, et après plus de trois mois d’arrêt forcé depuis le Masters de Paris en novembre dernier, un match ne se gagne pas seulement avec la main. Il se gagne avec les jambes.
Au fil des échanges, la dynamique s’est inversée, même lorsque le jeune joueur autrichien s’est tordu la cheville durant le deuxième set. Goffin, compatissant envers son jeune adversaire, l’a aidé à se relever. Mais voilà, les courses se sont faites plus lourdes, les appuis moins explosifs, le replacement moins tranchant, et Schwaerzler, malgré une cheville douloureuse, a usé le Belge, qui a commencé à reculer.
Touché au genou gauche au Masters de Paris, avec un ligament croisé affecté et un fragment de cartilage problématique, Goffin a longtemps douté avant de revenir. S’il assure que le genou tient désormais à l’entraînement, la compétition impose une autre intensité. Une autre vérité. On l’a vu la semaine dernière au Challenger de Pau. À Lille, dans un environnement qu’il connaît et proche de sa Belgique, le physique n’a pas tenu la distance. Le premier set avait masqué les fragilités. Les deux suivants les ont révélées. Il n’y avait pourtant pas d’illusion affichée. Le Belge l’avait répété : aucune attente de résultats immédiats. L’objectif est ailleurs. Retrouver l’enchaînement et supporter la répétition des matchs. Réhabituer le corps aux exigences du très haut niveau.
Mais la défaite face au jeune Schwaerzler rappelle une réalité implacable. Le temps ne se rattrape pas en quelques semaines. À 35 ans, la récupération est plus lente. L’usure est installée. Chaque pépin laisse une trace. Le talent, lui, ne disparaît pas. On l’a encore vu par séquences. Mais le tennis moderne ne pardonne pas l’approximation physique.
Cette élimination précoce ne signe pas la fin. Mais elle pose une question plus pressante : combien de temps faudra-t-il pour retrouver une base physique suffisamment solide pour enchaîner ? Goffin ne joue plus pour grimper au classement ATP à court terme. Il joue pour voir jusqu’où son corps peut encore l’emmener. Pour vérifier si les victoires de 2025 contre des joueurs majeurs relevaient d’un dernier éclat… ou d’un potentiel toujours exploitable. À Lille, au Play In Challenger, il n’a fait qu’un passage. Un set plein, puis deux manches plus difficiles. Un petit tour, donc. Merci David !
Photos Laurent SANSON
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