Le boxeur-artiste lillois défendra sa ceinture le 14 février au Palais Saint-Sauveur. Entre ring et scène, l’homme aux mille talents se livre sur son parcours atypique et son combat pour l’émancipation des jeunes. Champion de France à 13 ans, membre de l’équipe de France, mais aussi comédien et créatif, Zaïre Fataki incarne une boxe nouvelle, artistique et engagée. À quelques jours de son gala du 14 février, rencontre avec « The Artist » un boxeur hors norme qui refuse de séparer sport, culture et engagement social.
Comment t’es venu le désir de faire de la boxe ? Tu avais des gens de ta famille qui t’ont un peu influencé ?
Zaïre Fataki : J’ai commencé à 8 ans. J’avais beaucoup d’énergie et mon père, qui était boxeur lui-même, s’est dit qu’à travers le sport et la boxe, il pourrait mieux me canaliser. Effectivement, une fois qu’on a commencé, j’étais beaucoup plus occupé. Très tôt j’ai excellé : à 13 ans je deviens champion de France, et dans la foulée je rentre en équipe de France. Comme il y a eu très tôt des résultats, je me suis dit que c’était un sport dans lequel j’excellais. J’ai eu le gros avantage d’avoir un père qui m’a vraiment suivi derrière et qui n’a pas lâché. Mon père a toujours assuré que je continue jusqu’à ce que j’aie l’âge de conscience, et au final, je me suis rendu compte que c’était vraiment ce qui me plaisait.
On parle de toi comme « The Artist ». Comment t’es venu ce surnom, qui te l’a donné ?
Zaïre Fataki : Les premières personnes ne m’ont jamais donné le nom directement, par contre, on m’a toujours fait référence. J’avais un style assez typique, assez artistique, où on pouvait avoir l’impression que je dansais sur le ring parce que j’ai une bonne prestance. Il y a aussi toutes ces activités extra-sportives que je pratique, par exemple la peinture. Toutes ces choses qu’on a trouvées assez typiques.
Tu as un parcours atypique : tu es passé par le conservatoire. Qu’est-ce que ces années de théâtre t’ont apporté ?
Zaïre Fataki : Ça m’a apporté quand même beaucoup de choses. Je ne vais pas mentir, c’était difficile pour moi dans un premier temps. D’abord, j’ai commencé par faire des films, je passe un casting, je suis repéré, je suis pris. J’arrête de suivre une grosse production et ça se passe super bien. Ensuite je cherche des trucs de théâtre, je ne trouve pas, on me parle du conservatoire. Ça a été une grosse remise en question. Moi qui viens des quartiers populaires, aller au-delà, rencontrer une nouvelle population que je ne connaissais pas forcément directement, mais que j’ai toujours fréquentée à travers le sport… Je me suis remis en question, mais grâce à la confiance que le sport m’a apportée, je me suis mis en mode sport dans la tête. J’ai fait les auditions : on était 200 personnes inscrites, 15 ont été retenues, et j’en faisais partie. C’était magnifique parce que j’ai rencontré des personnes, j’ai appris beaucoup plus la culture, j’ai développé mes facilités de langage.
Quels liens fais-tu entre la boxe et le théâtre ?
Zaïre Fataki : C’est très similaire en fait. Tout comme le sport, le théâtre te cultive physiquement mais surtout psychologiquement : la détermination, aller chercher au fond de soi, se mettre à nu, se relever et avancer. C’est la même chose que je ressens à travers le théâtre au niveau des émotions. Il y a une dualité qui s’impose à moi sur mes émotions : comment les développer, les explorer, les exploiter et les transmettre. La manière dont je transmets mes émotions quand on me voit boxer, mon style, mes références, c’est ce que je vais aussi retrouver sur scène.
Ce passage par le théâtre t’a donné l’envie d’accompagner les jeunes en difficulté ?
Zaïre Fataki : C’est un outil qui m’a aidé dans ça. Une fois que j’ai rencontré le théâtre, je me suis dit que j’aurais aimé commencer plus tôt parce que c’est vraiment un outil qui permettrait de donner la possibilité à nous, notamment dans les milieux des quartiers populaires, de pouvoir s’émanciper socialement et de prendre conscience de beaucoup de choses. Pour moi, la parole, le langage, le vocabulaire sont un facteur social, une arme sociale qui permet de s’affirmer, de ne pas douter. Ce qui manque surtout dans les quartiers populaires, c’est ce lien à la parole, ce lien au langage. C’est un outil sur lequel je m’appuie beaucoup quand je fais ces accompagnements.
Pourquoi c’est si important pour toi de transmettre ?
Zaïre Fataki : Ce sont des personnes que je vais aider grâce au sport, grâce à mon père et la discipline qu’il a pu mettre en moi. Mais tous mes amis n’ont pas eu cette chance, toutes les personnes autour de moi n’ont pas eu cette chance. C’est même pas qu’une question de couleur ou d’origine. Pour tout ceux qui viennent des quartiers populaires, c’est compliqué. Eux n’ont pas eu cette chance. C’était un peu important pour moi, une fois que j’ai eu accès à une certaine connaissance, à une certaine lumière, de la partager avec tous ceux qui ne peuvent pas en bénéficier. Tous n’ont pas rencontré les personnes que j’ai rencontrées, tous n’ont pas pris conscience des mêmes choses. Ça a donné des trajectoires différentes et j’estime que c’est mon devoir aujourd’hui de faire le pont, de faire le lien et de les réconcilier avec le monde, avec la société.
Tu veux vraiment t’investir à fond dans ce domaine-là après ta carrière ?
Zaïre Fataki : Ça n’aurait aucun sens si je m’arrête dès que je ne suis plus au contact des autres. C’est aussi pour ça que je me bats : montrer une image différente de la boxe, qui est un sport populaire mais qui est très décrié. Je veux montrer que la boxe est un vecteur social, que le sport en général permet de s’émanciper. C’est vraiment rester au contact des autres à travers le sport, à travers les associations.
Tu vas au-delà du sport, tu fais toi-même tes affiches pour tes combats ?
Zaïre Fataki : Parfois j’ai quelques bonnes idées. Par exemple, pour cette affiche-là, on avait exploré quelque chose avec quelqu’un, mais il n’y avait pas forcément ce que je recherchais. J’ai toujours ce truc : on n’est jamais plus servi que par soi-même. Mais parfois j’essaie, je me lance. C’est plus clair parce que c’est dans ma tête. J’aime beaucoup m’entourer, avoir des avis différents, notamment de personnes pour qui c’est le domaine. Je vais avoir des idées, forcément des limites, et puis ensuite sur les petits détails, je demande à des amis ce qu’ils en pensent.
Comment va se dérouler la soirée du 14 février, quel est le programme ?
Zaïre Fataki : Il y aura des combats amateurs olympiques avec des athlètes de la région, et puis bien sûr il y aura le public. On partira sur entre 3 et 4 combats professionnels. L’ambiance va être chaleureuse, tout le monde va pouvoir nous supporter avec beaucoup d’encouragements. Comme le 17 mai dernier, ce sera vraiment chaleureux. Je ne peux pas tout vous dire, il y aura des surprises !
Le mot de la fin pour donner rendez-vous à tout le monde ?
Zaïre Fataki : Voilà, je donne rendez-vous à tout le monde le 14 février 2026 au Palais Saint-Sauveur de Lille. Toute la ville, la métropole, la région, donnez rendez-vous à tous les fans de boxe, mais pas que ! Venez découvrir ce sport, venez découvrir la boxe, assistez à un spectacle chaud. Et venez nous encourager !
Rendez-vous le samedi 14 février au Palais des Sports Saint-Sauveur, avenue Kennedy – Lille
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Photos Fred Vdb
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